Assurance auto et catastrophes naturelles : que couvre réellement votre contrat ?

Les événements climatiques extrêmes se multiplient sur le territoire français, impactant directement les véhicules et les automobilistes. Inondations dévastatrices, sécheresses prolongées provoquant des fissures dans les sols, mouvements de terrain : ces phénomènes naturels d’une intensité anormale génèrent chaque année des milliers de sinistres automobiles. La garantie catastrophes naturelles, intégrée à votre contrat d’assurance auto, constitue un filet de sécurité indispensable face à ces risques imprévisibles. Pourtant, de nombreux assurés ignorent précisément ce que couvre cette protection, les conditions d’activation et les modalités d’indemnisation. Comprendre les mécanismes de cette garantie spécifique vous permettra de réagir efficacement en cas de sinistre et d’optimiser votre protection.

La garantie catastrophes naturelles dans le contrat d’assurance automobile : cadre juridique et obligations légales

Le système français d’indemnisation des catastrophes naturelles repose sur un dispositif juridique spécifique qui encadre strictement les obligations des assureurs et les droits des assurés. Ce cadre légal garantit une protection minimale à tous les automobilistes, tout en définissant précisément les conditions d’intervention de cette garantie particulière.

Le régime d’indemnisation CatNat selon la loi du 13 juillet 1982

La loi du 13 juillet 1982 a instauré un régime d’indemnisation obligatoire des catastrophes naturelles en France. Cette législation impose l’inclusion automatique de la garantie catastrophes naturelles dans tous les contrats d’assurance automobile comportant une garantie dommages. Concrètement, dès que vous souscrivez une assurance couvrant les dégâts matériels de votre véhicule, la protection contre les catastrophes naturelles s’applique automatiquement, sans possibilité de refus par l’assureur.

Ce système repose sur un principe de solidarité nationale : tous les assurés contribuent au financement du dispositif via une surprime de 12% appliquée à la cotisation de base. Cette mutualisation permet d’indemniser les victimes même lorsque les dommages atteignent des montants considérables. L’État intervient également en qualité de réassureur via la Caisse Centrale de Réassurance, garantissant ainsi la pérennité du système face aux événements catastrophiques majeurs.

L’arrêté interministériel de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle : procédure et délais

La condition essentielle pour activer votre garantie catastrophes naturelles réside dans la publication d’un arrêté interministériel reconnaissant officiellement l’état de catastrophe naturelle. Cette reconnaissance administrative résulte d’une procédure spécifique initiée par les communes touchées. Le maire dispose d’un délai maximal de 24 mois après les événements pour transmettre sa demande de reconnaissance au préfet du département.

Les services préfectoraux analysent ensuite les demandes et les transmettent à la commission interministérielle de reconnaissance des catastrophes naturelles. Cette commission examine l’intensité anormale de l’agent naturel et détermine si les mesures habituelles de prévention auraient pu empêcher les dommages. L’arrêté interministériel doit être publié au Journal Officiel dans un délai de 2 mois suivant le dépôt de la demande communale. Cet arrêté précise les communes concernées, les périodes d’occurrence et la nature exacte des phénomènes reconnus.

La franchise légale obligatoire de 380 euros pour les véhicules terrestres à moteur

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Pour les véhicules terrestres à moteur, cette franchise légale est fixée à 380 € par sinistre, quel que soit votre assureur auto. Elle s’applique même si votre contrat prévoit par ailleurs une franchise plus basse ou si vous avez négocié une « franchise rachetée » pour d’autres garanties. En pratique, cela signifie que, sur un devis de réparation de 3 000 €, l’assurance versera 2 620 € et vous devrez régler les 380 € restants au garagiste.

Contrairement à l’assurance habitation, cette franchise en catastrophe naturelle n’est ni modulable, ni supprimable pour les véhicules : aucun assureur ne peut la réduire ou la racheter. Elle est imposée par la réglementation et identique pour tous les conducteurs, y compris en cas de multiplication des événements climatiques. Seul cas particulier : lorsque les dommages résultent d’un mouvement de terrain lié à la sécheresse ou à la réhydratation des sols, la franchise passe alors à 1 520 €, ce qui peut changer radicalement le montant de votre indemnisation.

La distinction entre catastrophe naturelle et événement climatique non reconnu

Tous les épisodes climatiques violents ne sont pas automatiquement qualifiés de catastrophe naturelle. Pour que la garantie CatNat de votre assurance auto se déclenche, il faut à la fois que les dégâts proviennent d’un agent naturel d’intensité anormale (inondation, glissement de terrain, submersion marine, etc.) et qu’un arrêté interministériel reconnaisse l’état de catastrophe naturelle pour votre commune, aux dates exactes de l’événement. Sans cet arrêté, même si votre voiture est gravement endommagée, votre sinistre ne sera pas géré au titre de la CatNat.

Dans ce cas, c’est une autre garantie de votre contrat d’assurance auto qui peut prendre le relais, le plus souvent la garantie événements climatiques / tempête ou la garantie dommages tous accidents. La différence n’est pas qu’administrative : le régime d’indemnisation, la franchise appliquée et parfois même la prise en charge de certains frais (dépannage, remorquage, véhicule de remplacement) ne seront pas les mêmes. En quelque sorte, la CatNat est un « circuit spécial » avec ses propres règles, tandis que les événements climatiques non reconnus restent gérés dans le cadre classique de votre assurance auto.

Les événements climatiques couverts par la garantie CatNat : typologie et cas d’application

La notion de catastrophe naturelle en assurance auto repose sur une liste ouverte de phénomènes naturels pouvant être reconnus par les pouvoirs publics. Il ne s’agit pas d’un catalogue figé, mais d’une typologie fondée sur la jurisprudence et les textes du Code des assurances. Dans la pratique, certains types de sinistres sont fréquemment indemnisés au titre de la garantie CatNat et méritent une attention particulière pour les automobilistes.

Les inondations et coulées de boue : tempête alex dans les Alpes-Maritimes et débordements de cours d’eau

Les inondations constituent l’un des premiers motifs de mise en jeu de la garantie catastrophes naturelles pour les véhicules. Elles peuvent résulter du débordement d’un cours d’eau, d’un ruissellement pluvial massif en zone urbaine ou encore d’une remontée de nappe phréatique. Lors de la tempête Alex en octobre 2020 dans les Alpes-Maritimes, de nombreuses voitures ont été emportées ou totalement submergées par les crues torrentielles, entraînant des dommages mécaniques et électroniques irréversibles.

Dans ces situations, la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle permet la prise en charge des dégâts subis par les véhicules stationnés ou immobilisés dans la zone sinistrée. Sont indemnisés, par exemple, un moteur noyé, un habitacle totalement inondé ou une voiture retrouvée plusieurs kilomètres en aval. En revanche, si vous vous engagez volontairement sur une route barrée ou visiblement inondée, l’assureur peut opposer une faute grave et limiter l’indemnisation, voire la refuser, en considérant que vous avez délibérément exposé votre véhicule au risque.

La sécheresse et réhydratation des sols : fissures et affaissements de terrain

On associe rarement la sécheresse à des sinistres automobiles, pourtant les mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols sont expressément visés par le régime CatNat. Sur des parkings, sous-sols ou voies d’accès, des affaissements soudains ou des fissures importantes peuvent apparaître après plusieurs mois de déficit hydrique, puis de fortes pluies. Une voiture peut alors subir un choc violent, se retrouver bloquée, ou voir son châssis et ses suspensions gravement endommagés.

Ces événements sont plus insidieux qu’une inondation spectaculaire, mais ils n’en sont pas moins pris en charge lorsque la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle pour ce motif précis. Attention toutefois : comme évoqué plus haut, la franchise légale appliquée à ce type de sinistre est portée à 1 520 € pour les véhicules, ce qui peut réduire fortement l’intérêt d’une réparation sur un véhicule ancien ou de faible valeur vénale. Il est donc crucial, en amont, de vérifier si votre contrat prévoit une bonne protection en valeur, notamment si vous vivez dans une zone régulièrement touchée par la sécheresse.

Les mouvements de terrain par glissement ou effondrement : risques géologiques et zones d’aléa

Glissements de terrain, effondrements de cavités souterraines, éboulements : ces phénomènes géologiques peuvent frapper brutalement des zones réputées stables. Dans certaines communes bâties sur d’anciennes carrières, ou à proximité de versants instables, un pan de terrain peut céder sous l’effet de fortes pluies, d’une crue ou de la simple évolution du sous-sol. Un parking entier peut alors être déformé ou partiellement englouti, entraînant des dégâts très importants sur les véhicules.

Lorsque ces mouvements de terrain sont reconnus comme catastrophes naturelles, la garantie CatNat de votre assurance automobile intervient pour réparer ou indemniser les dommages subis. Comme pour les inondations, l’élément clé est la lien direct entre le phénomène naturel reconnu et le sinistre. À l’inverse, un simple effondrement localisé dû à des travaux mal réalisés ou à un défaut de construction relèvera plutôt d’un autre régime de responsabilité (assurance décennale, responsabilité civile, etc.) et non de votre garantie catastrophes naturelles auto.

Les submersions marines : tempêtes xynthia et eleanor sur le littoral atlantique

Les submersions marines, provoquées par la combinaison de fortes marées, de dépressions atmosphériques et de vents violents, constituent un risque majeur pour les véhicules stationnés sur le littoral. Lors des tempêtes Xynthia (2010) ou Eleanor (2018), des quartiers entiers ont été envahis par la mer, entraînant l’immersion totale des voitures garées en voirie ou sur des parkings en bord de côte. Dans ces cas, les dommages sont souvent comparables à ceux d’une inondation fluviale, avec en plus l’effet corrosif du sel.

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour « submersion marine » permet d’activer la garantie CatNat pour votre assurance auto, sous réserve que votre véhicule se trouvait bien dans le périmètre défini par l’arrêté. Vous pouvez alors être indemnisé pour un moteur hors d’usage, un habitacle détruit, ou une perte totale du véhicule. Comme pour les autres événements climatiques extrêmes, il reste toutefois recommandé de prendre en compte les consignes des autorités (évacuation, interdiction de stationner dans certaines zones) pour éviter qu’une négligence manifeste ne soit invoquée par votre assureur.

Les dommages matériels indemnisables sur votre véhicule selon la garantie catastrophes naturelles

Une fois l’état de catastrophe naturelle reconnu, la question clé pour l’automobiliste est : quels types de dommages mon assurance auto va-t-elle réellement couvrir ? La garantie CatNat porte sur les dégâts matériels directs causés au véhicule assuré par le phénomène naturel reconnu. Elle s’applique aux éléments visibles comme la carrosserie, mais aussi aux organes mécaniques, aux systèmes électroniques et à certains équipements spécifiques.

La couverture des dégâts à la carrosserie et aux éléments de structure du véhicule

Inondation soudaine, affaissement de chaussée, chute de rochers consécutive à un glissement de terrain : ces événements peuvent déformer en profondeur la structure de votre voiture. La garantie catastrophes naturelles de votre assurance auto couvre les dommages sur la carrosserie (portières enfoncées, bas de caisse tordus, pare-chocs arrachés, etc.) mais aussi sur les éléments de structure, comme le châssis, les longerons ou les planchers.

Si l’expertise conclut que la structure est trop atteinte pour garantir la sécurité du véhicule, celui-ci sera déclaré économiquement irréparable ou en perte totale. Vous serez alors indemnisé sur la base de la valeur à dire d’expert (ou de la valeur à neuf, si vous avez une option spécifique, que nous détaillerons plus loin). À l’inverse, si les déformations sont limitées et réparables, l’assureur prendra en charge les coûts de redressage, de remplacement des éléments endommagés et de remise en peinture, diminués de la franchise légale en catastrophe naturelle.

L’indemnisation des composants mécaniques et électroniques endommagés par immersion

Lors d’une catastrophe naturelle impliquant de l’eau ou de la boue (inondation, crue, submersion marine, coulée de boue), les composants mécaniques et électroniques sont souvent les plus touchés. Un moteur qui a aspiré de l’eau, une boîte de vitesses noyée, des faisceaux électriques saturés d’humidité ou un calculateur électronique hors service sont des exemples fréquents de sinistres pris en charge par la garantie CatNat de votre assurance auto.

En pratique, l’expert va évaluer si la réparation est techniquement et économiquement envisageable. Un simple nettoyage approfondi de certains organes peut parfois suffire, mais en cas d’immersion prolongée, il est courant que le moteur, les boîtiers électroniques, voire le système de freinage complet doivent être remplacés. Comme pour la carrosserie, si le coût de ces réparations dépasse la valeur du véhicule, l’assureur proposera une indemnisation basée sur la valeur du véhicule avant sinistre, plutôt que d’engager des travaux disproportionnés.

Le remboursement des équipements et accessoires : système audio, GPS et aménagements intérieurs

La catastrophe naturelle peut également dégrader tous les éléments intérieurs de votre voiture : sellerie imbibée, moquettes détruites, tableau de bord fissuré après un choc, écrans multimédias hors service, GPS intégré noyé, etc. La garantie CatNat couvre en principe ces accessoires et équipements, qu’ils soient d’origine constructeur ou installés ultérieurement, à condition qu’ils soient déclarés et assurés dans votre contrat d’assurance auto.

Si vous avez fait installer un système audio haut de gamme, un kit mains libres avec écran ou des aménagements spécifiques (rangements, banquette transformée, revêtements particuliers), il est donc essentiel de vérifier que leur valeur a bien été intégrée dans votre garantie dommages. En cas de sinistre catastrophes naturelles, l’expert pourra ainsi chiffrer précisément leur remplacement ou leur remise en état, sans contestation sur leur existence ou leur valeur. Sans déclaration préalable, ces équipements risquent d’être indemnisés au minimum, voire pas du tout.

Les exclusions de garantie et événements non couverts par l’assurance auto catastrophes naturelles

Aussi protectrice soit-elle, la garantie catastrophes naturelles de votre assurance auto ne couvre pas tous les dommages liés à la météo ou à votre environnement. Plusieurs exclusions importantes doivent être connues pour éviter les mauvaises surprises. Elles concernent notamment certains types d’intempéries, les situations de négligence de l’assuré, ainsi que des risques spécifiques comme les catastrophes technologiques ou nucléaires.

Les tempêtes, grêle et neige : prise en charge par la garantie dommages tous accidents ou bris de glace

Les épisodes de tempêtes, chutes de grêle ou fortes chutes de neige ne sont pas systématiquement reconnus comme catastrophes naturelles. Dans la majorité des cas, ils relèvent plutôt de la garantie tempête, grêle, neige ou plus globalement de la garantie dommages tous accidents de votre contrat d’assurance auto. Par exemple, une carrosserie criblée d’impacts de grêle ou un pare-brise brisé par une branche tombée lors d’un orage seront généralement indemnisés sans qu’il soit nécessaire d’attendre un arrêté CatNat.

La différence est importante, car la franchise appliquée ne sera pas celle de 380 € ou 1 520 € imposée par la loi, mais celle prévue dans vos conditions particulières pour les dommages ou pour le bris de glace. Si vous avez opté pour une franchise réduite, voire pour une franchise rachetée sur ces garanties, vous pouvez être beaucoup mieux indemnisé que dans le cadre CatNat. À l’inverse, si vous n’êtes assuré qu’au tiers simple, sans garantie dommages, ni événements climatiques, ces dégâts resteront entièrement à votre charge.

Les dommages causés par négligence ou défaut d’entretien du véhicule

La garantie catastrophes naturelles n’a pas vocation à couvrir les dommages qui trouvent leur origine dans un défaut d’entretien ou une négligence manifeste du conducteur. Par exemple, si votre véhicule subit un dommage mécanique grave à la suite d’une inondation mais que l’expertise révèle un manque d’entretien flagrant (fuite d’huile déjà connue, absence totale de contrôle technique, pièces usées depuis longtemps), l’assureur peut réduire son indemnisation en invoquant une aggravation du sinistre due à votre comportement.

De même, si vous avez ignoré des consignes officielles de fermeture de route, franchi délibérément une zone inondée barrée par les autorités ou stationné votre véhicule dans un lit de rivière malgré les alertes, l’assureur pourra considérer que vous avez pris un risque anormal. Dans ce type de situation extrême, il peut aller jusqu’à refuser totalement la garantie, au motif que le sinistre n’est pas « imprévisible » ni « inévitable », mais résulte d’une imprudence grave. D’où l’importance de toujours suivre les messages des pouvoirs publics en période de forte vigilance météo.

Les catastrophes technologiques et accidents nucléaires : régime d’indemnisation distinct

Autre source de confusion fréquente : les catastrophes technologiques (explosion d’usine, nuage toxique, accident industriel majeur) et les accidents nucléaires ne sont pas couverts par la garantie catastrophes naturelles, car ils ne relèvent pas d’un phénomène naturel mais d’une activité humaine. Ils obéissent à un régime d’indemnisation spécifique, prévu par d’autres textes du Code des assurances et par des conventions internationales.

En cas de catastrophe technologique reconnue par arrêté, vous pouvez certes être indemnisé pour les dommages causés à votre domicile ou à certains biens, mais le traitement de votre voiture dépendra du type de contrat et des garanties souscrites. Pour un accident nucléaire, ce sont des mécanismes particuliers de responsabilité civile de l’exploitant qui prennent le relais. Autrement dit, votre garantie CatNat d’assurance auto ne sera pas activée : ce sont d’autres chaînes de solidarité, souvent étatiques, qui sont mobilisées dans ces situations exceptionnelles.

La procédure de déclaration et d’indemnisation auprès de votre assureur automobile

Lorsqu’une catastrophe naturelle survient, la réactivité est déterminante pour optimiser votre indemnisation. Entre le moment où vous découvrez les dégâts sur votre véhicule et le versement effectif de l’indemnité, plusieurs étapes doivent être respectées : déclaration à l’assureur, constitution d’un dossier de preuves, expertise, calcul de la valeur indemnisable, puis paiement. Connaître à l’avance ce parcours vous permet d’agir efficacement au lieu de subir la procédure.

Le délai légal de déclaration de sinistre de 10 jours après publication de l’arrêté au journal officiel

Contrairement à un sinistre auto classique (accident, vol, bris de glace) pour lequel le délai de déclaration est généralement de 5 jours ouvrés, la loi prévoit un délai spécifique en cas de catastrophe naturelle. Vous disposez de 10 jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal Officiel pour déclarer votre sinistre à votre assureur auto, et non à partir de la date de l’événement lui-même.

Dans les faits, il est toutefois vivement conseillé de prévenir votre assureur dès que possible, sans attendre l’arrêté, surtout si votre véhicule est gravement endommagé ou immobilisé. Vous pouvez ainsi être orienté sur les premières démarches (dépannage, mise à l’abri du véhicule, sécurisation des lieux) et commencer à rassembler les pièces nécessaires. Quand l’arrêté paraîtra, votre assureur pourra alors finaliser la gestion du dossier en l’intégrant officiellement dans le cadre CatNat.

Les documents justificatifs obligatoires : constat amiable, photos et rapport d’expertise

Pour que votre indemnisation en catastrophe naturelle soit la plus juste possible, vous devez constituer un dossier solide. À minima, votre déclaration à l’assurance auto doit mentionner la date, le lieu, les circonstances du sinistre et la description des dommages constatés sur votre véhicule. Si un autre véhicule ou un tiers est impliqué (par exemple, une voiture poussée par les flots vient percuter la vôtre), un constat amiable peut également être utile pour clarifier les responsabilités.

Il est également essentiel de prendre des photographies détaillées de votre voiture (extérieur, intérieur, niveau d’eau visible, dépôts de boue, etc.) avant toute tentative de nettoyage ou de remise en état. Conservez les factures d’achat, d’entretien et de réparations antérieures, car elles aideront l’expert à estimer la valeur de votre véhicule. Enfin, ne jetez pas les pièces endommagées sans l’accord de l’assureur : comme pour une scène de crime, les « preuves matérielles » sont précieuses pour établir l’origine exacte des dégâts.

Le calcul de l’indemnisation : valeur à dire d’expert, vétusté et coefficient de réfaction

Une fois le sinistre déclaré et les preuves rassemblées, l’assureur mandate généralement un expert automobile. Son rôle est d’évaluer le coût des réparations ou, si le véhicule est irréparable, de déterminer sa valeur à dire d’expert juste avant le sinistre. Ce calcul tient compte de nombreux paramètres : âge du véhicule, kilométrage, état d’entretien, éventuels dommages antérieurs, cote du marché, présence d’options et d’équipements spécifiques déclarés au contrat.

On applique ensuite un coefficient de vétusté ou de réfaction pour refléter la dépréciation naturelle du véhicule avec le temps. Par analogie, c’est un peu comme si l’on évaluait la valeur de revente de votre voiture la veille de la catastrophe : on ne vous rembourse pas un véhicule neuf si vous rouliez dans une voiture de dix ans. Le montant obtenu constitue la base d’indemnisation, à laquelle on soustrait la franchise légale (380 € ou 1 520 € selon le type de catastrophe). Si vous avez souscrit des options de type « valeur à neuf » ou « valeur majorée », le calcul pourra cependant être plus favorable.

Les délais de versement de l’indemnité et recours en cas de désaccord avec l’offre d’indemnisation

Une fois l’état estimatif des dommages transmis à l’assureur, celui-ci dispose d’un délai légal maximal de 3 mois pour vous verser l’indemnité due au titre de la catastrophe naturelle. Dans certains cas, une provision peut vous être versée dans un délai plus court (2 mois) afin de faire face aux dépenses urgentes, notamment si vous avez besoin rapidement d’un autre véhicule pour travailler ou pour des impératifs familiaux.

Si vous considérez que l’évaluation de l’expert est insuffisante (par exemple, si la valeur retenue pour votre voiture vous semble trop basse), vous pouvez demander une contre-expertise à vos frais. En cas de désaccord persistant entre les deux experts, une tierce expertise peut être organisée pour trancher. Vous pouvez également saisir le service réclamations de votre assureur, puis, en dernier recours, le médiateur de l’assurance. Même en situation de catastrophe naturelle, vous gardez donc la possibilité de contester une offre d’indemnisation que vous jugez inéquitable.

Les options contractuelles et extensions de garantie pour optimiser votre protection

La garantie catastrophes naturelles constitue une base commune à tous les contrats d’assurance auto comportant une garantie dommages. Mais selon la valeur de votre véhicule, votre zone d’habitation et vos besoins, il peut être judicieux de compléter cette protection par des options contractuelles. Ces extensions peuvent transformer une indemnisation « a minima » en véritable bouclier financier, notamment en cas de destruction totale de votre voiture.

La valeur à neuf et la garantie remplacement à neuf : maintien de la valeur d’achat pendant 12 à 24 mois

La plupart des assureurs auto proposent, en option, une garantie dite de valeur à neuf ou de remplacement à neuf. Concrètement, si votre véhicule récent est détruit ou économiquement irréparable à la suite d’une catastrophe naturelle, vous êtes indemnisé non pas sur sa valeur vénale au jour du sinistre, mais sur sa valeur d’achat pendant une durée déterminée (souvent 12, 24 voire 36 mois selon les contrats).

C’est un peu l’équivalent d’une assurance anti-décote : au lieu de subir la perte liée à l’usure et à la chute rapide de la cote d’un véhicule neuf, vous avez la garantie de pouvoir repartir avec un modèle équivalent sans devoir ajouter une somme importante de votre poche. Pour un véhicule haut de gamme ou un utilitaire professionnel, cette option peut faire la différence entre une reprise d’activité sereine après une catastrophe naturelle et une situation financièrement très compliquée.

La garantie contenu et effets personnels transportés dans le véhicule lors du sinistre

En cas de catastrophe naturelle, les dégâts ne se limitent pas à la tôle et aux pièces mécaniques : vos effets personnels transportés dans le véhicule peuvent aussi être détruits (ordinateur portable, bagages, outils de travail, poussette, etc.). La plupart des contrats d’assurance auto de base ne couvrent pas, ou très partiellement, ces biens. Pour protéger correctement ce « contenu », de nombreux assureurs proposent une extension spécifique.

Cette garantie « contenu du véhicule » prévoit un plafond d’indemnisation (par exemple 1 000 ou 2 000 €) et peut exclure certains objets de valeur (bijoux, espèces, œuvres d’art). Il est donc important de vérifier ce qui est réellement couvert et dans quelles limites. Si vous utilisez régulièrement votre voiture pour transporter du matériel professionnel coûteux ou si vous voyagez souvent avec des équipements électroniques, cette option peut se révéler très pertinente en complément de la garantie catastrophes naturelles.

L’assistance 0 km et le véhicule de remplacement en cas d’immobilisation post-catastrophe

Enfin, au-delà de l’indemnisation des dégâts, une catastrophe naturelle peut vous laisser sans moyen de transport pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. C’est là qu’interviennent les garanties d’assistance, souvent proposées sous forme d’options assistance 0 km ou véhicule de remplacement. Elles ne font pas partie de la garantie CatNat à proprement parler, mais viennent l’épauler dans les moments critiques.

Avec une assistance 0 km, vous pouvez bénéficier d’un dépannage et d’un remorquage de votre voiture, même si elle était simplement stationnée devant chez vous au moment de la catastrophe naturelle. Une option de véhicule de remplacement vous permet, quant à elle, de disposer d’une voiture de prêt pendant la durée des réparations ou jusqu’au règlement de l’indemnité en cas de destruction totale. En période de crise climatique, ces services équivalent à un véritable plan de continuité de vie, pour continuer à travailler, emmener vos enfants à l’école ou simplement faire vos courses, le temps que la situation revienne à la normale.

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