Bonus-malus : comment est-il calculé et comment l’améliorer ?

Le système de bonus-malus, officiellement appelé Coefficient de Réduction-Majoration (CRM), constitue l’un des piliers fondamentaux de l’assurance automobile en France. Chaque année, ce mécanisme ajuste automatiquement votre prime d’assurance en fonction de votre comportement au volant, créant ainsi un système de récompense pour les conducteurs prudents et de sanction pour ceux qui causent des accidents. Avec un impact direct sur votre budget automobile, comprendre précisément comment fonctionne ce coefficient devient essentiel pour maîtriser vos dépenses d’assurance. Qu’il s’agisse d’atteindre le bonus maximal ou de récupérer rapidement après un sinistre, la connaissance des règles de calcul vous permet d’adopter les bonnes stratégies pour optimiser votre situation.

Le coefficient de réduction-majoration : fonctionnement du système de bonus-malus en assurance auto

Le Coefficient de Réduction-Majoration représente un multiplicateur qui s’applique à votre prime d’assurance de référence. Ce système, inscrit dans le Code des assurances français depuis 1976, vise à responsabiliser les automobilistes en créant un lien direct entre leur conduite et le coût de leur assurance. Contrairement à d’autres critères tarifaires fixés par l’assureur, le CRM suit des règles strictement définies par la législation, garantissant ainsi une application uniforme par toutes les compagnies d’assurance du territoire.

Le CRM de référence à 1,00 pour les nouveaux assurés

Lorsque vous souscrivez votre premier contrat d’assurance automobile, votre coefficient de départ est systématiquement fixé à 1,00. Ce coefficient neutre signifie que vous payez la prime de base calculée par votre assureur, sans réduction ni majoration. Cette valeur de référence s’applique à tous les nouveaux conducteurs, qu’ils soient jeunes permis ou personnes plus âgées n’ayant jamais possédé de véhicule auparavant. À partir de ce coefficient initial, votre historique de conduite commence à se construire, année après année, influençant directement l’évolution de votre tarif d’assurance.

La réduction annuelle de 5% du coefficient après une période sans sinistre

Chaque année complète sans accident responsable vous fait bénéficier d’une réduction automatique de 5% sur votre coefficient. Concrètement, votre CRM est multiplié par 0,95 à chaque échéance annuelle où aucun sinistre responsable n’a été enregistré. Par exemple, si votre coefficient était de 1,00, il passera à 0,95 après un an sans accident, puis à 0,90 l’année suivante si vous maintenez cette conduite irréprochable. Cette progression régulière récompense tangiblement votre prudence au volant et transforme chaque année sans incident en économie concrète sur votre prime d’assurance automobile.

La majoration de 25% après un accident responsable

À l’inverse, chaque sinistre dont vous êtes reconnu entièrement responsable entraîne une majoration de 25% de votre coefficient actuel. Votre CRM est alors multiplié par 1,25, ce qui augmente mécaniquement le montant de votre cotisation annuelle. Si vous étiez à un coefficient de 0,80 (correspondant à un bonus de 20%), un accident responsable le ferait grimper à 1,00, vous ramenant ainsi au coefficient neutre. Cette sanction financière vise à compenser le risque accru que vous représentez pour l’assureur après avoir causé un sinistre. En cas

de plusieurs accidents responsables sur une même période de référence, la majoration s’applique à chaque sinistre successivement, ce qui peut faire grimper très rapidement votre coefficient. C’est un peu comme une note de conduite : chaque faute compte, et plus elles sont rapprochées, plus la « sanction » est lourde sur votre prime d’assurance auto.

Le coefficient plancher de 0,50 après 13 années sans sinistre

Le système de bonus-malus prévoit un coefficient plancher fixé à 0,50. Cela signifie qu’au mieux, vous pouvez bénéficier d’une réduction de 50 % sur votre prime de référence. Pour atteindre ce niveau de bonus maximal, il faut cumuler 13 années consécutives d’assurance sans aucun accident responsable. En pratique, votre coefficient diminue de 0,05 points environ chaque année (via la multiplication par 0,95) jusqu’à se stabiliser à ce seuil de 0,50.

À partir du moment où vous avez atteint ce bonus maximal, votre conduite exemplaire est encore mieux récompensée. De nombreux assureurs prévoient en effet des avantages supplémentaires, comme le bonus à vie ou la protection du bonus après plusieurs années sans sinistre responsable. Même si la loi fixe le plancher du CRM à 0,50, certaines compagnies peuvent aller plus loin commercialement en s’engageant à ne pas augmenter votre coefficient au premier accident, sous conditions. Vous avez donc tout intérêt à conserver une conduite prudente sur le long terme : chaque année sans sinistre renforce votre profil de « bon risque » auprès des assureurs.

Le plafond maximum du malus fixé à 3,50

À l’autre extrémité du spectre, le malus maximum est plafonné à un coefficient de 3,50. Autrement dit, même en cas d’accidents responsables répétés, votre CRM ne pourra jamais dépasser ce seuil. Cela correspond à une majoration maximale de 250 % par rapport au coefficient neutre de 1,00. Concrètement, un assuré très accidentogène peut donc voir sa prime de référence multipliée par 3,5, ce qui représente un coût très important pour son budget automobile.

Ce plafond a été instauré pour éviter que la prime d’assurance ne devienne totalement inabordable, tout en maintenant une forte incitation financière à adopter une conduite prudente. Il joue un peu le rôle de « garde-fou » dans le système de bonus-malus. À ce niveau de malus, certaines compagnies peuvent d’ailleurs refuser d’assurer le conducteur ou n’accepter qu’en contrepartie de garanties limitées ou de franchises très élevées. D’où l’importance, si vous avez commencé à accumuler du malus, de mettre rapidement en place une stratégie pour faire redescendre votre coefficient.

Calcul du coefficient bonus-malus : formules et méthodes d’application par les assureurs

Maintenant que le fonctionnement général du bonus-malus est posé, comment les assureurs calculent-ils concrètement votre coefficient chaque année ? Là encore, les règles sont strictement encadrées par le Code des assurances, mais chaque compagnie peut les traduire de manière légèrement différente dans ses grilles tarifaires. L’idée est toujours la même : à la date d’échéance du contrat, l’assureur regarde les sinistres survenus pendant la période de référence et applique les formules de réduction ou de majoration correspondantes.

Pour vous, l’enjeu est de comprendre ces formules de calcul du bonus-malus pour anticiper l’impact d’un éventuel accident responsable. En visualisant l’effet d’un sinistre sur votre coefficient, vous pouvez par exemple décider d’assumer vous-même un petit dégât matériel sans déclaration, ou au contraire déclarer un sinistre important lorsque les réparations dépassent largement le montant de votre franchise. C’est un peu comme faire un calcul coût/bénéfice avant de « consommer » votre bonus.

La formule de calcul du bonus : CRM × 0,95 pour chaque année sans accident

En l’absence de sinistre responsable sur la période de référence, votre coefficient de réduction-majoration est simplement multiplié par 0,95. Cette formule mathématique résume le principe même du bonus : chaque année sans accident fait baisser votre CRM de 5 %. Voici un exemple d’évolution du bonus-malus sur plusieurs années sans sinistre :

Année d’assurance Calcul du coefficient CRM obtenu
1ère année sans sinistre 1,00 × 0,95 0,95
2ème année sans sinistre 0,95 × 0,95 0,90
5ème année sans sinistre 0,80 × 0,95 0,76
13ème année sans sinistre 0,51 × 0,95 0,50 (plancher)

Dans la pratique, le résultat est toujours arrondi à deux décimales par défaut. Si le calcul vous donne par exemple 0,9475, votre assureur retiendra 0,94. Ce mode de calcul, commun à toutes les compagnies, facilite la compréhension de l’évolution de votre coefficient bonus-malus d’année en année. Vous pouvez d’ailleurs reproduire ces calculs chez vous pour vérifier le CRM indiqué sur votre avis d’échéance.

Le calcul du malus selon la responsabilité : 1,25 pour un sinistre à 100% et 1,125 pour 50%

En cas d’accident responsable, la logique est la même, mais avec un coefficient multiplicateur supérieur à 1. Si vous êtes reconnu entièrement responsable (100 %), votre CRM de l’année précédente est multiplié par 1,25. En cas de responsabilité partagée à 50 %, la majoration est réduite de moitié, et l’on applique un coefficient de 1,125. Chaque sinistre est traité individuellement, ce qui signifie qu’en cas de plusieurs accidents sur la même période, le calcul se fait successivement.

Imaginons que vous ayez un coefficient de 0,68 après plusieurs années sans sinistre. Un premier accident entièrement responsable le fera passer à 0,68 × 1,25 = 0,85. Si, malheureusement, un second accident à 50 % de responsabilité survient sur la même période, le coefficient sera de nouveau majoré : 0,85 × 1,125 = 0,95. Comme vous le voyez, votre bonus fond alors comme neige au soleil. C’est un peu l’effet boule de neige, mais appliqué à l’envers : plus les sinistres s’enchaînent, plus votre tarification d’assurance auto se dégrade.

L’impact des accidents non-responsables sur le maintien du coefficient

Bonne nouvelle : lorsqu’un accident survient sans que votre responsabilité soit engagée, aucun malus ne peut être appliqué. Que se passe-t-il par exemple si vous êtes percuté par l’arrière à un feu rouge, ou si votre véhicule est endommagé alors qu’il était correctement stationné et qu’un tiers fautif est identifié ? Dans ces situations, votre assureur indemnise le sinistre, mais votre coefficient de réduction-majoration reste inchangé et continue à bénéficier, le cas échéant, de la réduction annuelle de 5 %.

Aux yeux de l’assureur, l’objectif du bonus-malus n’est pas de pénaliser systématiquement toute déclaration de sinistre, mais de refléter votre niveau de responsabilité dans les accidents. C’est un peu comme si l’on notait votre comportement et non la malchance. Attention toutefois : si vous êtes souvent impliqué dans des accidents non responsables, certains assureurs peuvent tout de même revoir à la hausse la prime de base de votre contrat, indépendamment du CRM, en considérant que votre exposition au risque est plus élevée (trajets fréquents, zones de circulation denses, etc.).

Le traitement spécifique des sinistères parking et bris de glace

Certaines catégories de sinistres bénéficient d’un régime particulier en matière de bonus-malus. C’est notamment le cas des dommages de stationnement sans tiers identifié, du bris de glace ou encore des vols et incendies. En règle générale, ces sinistres n’entraînent pas de majoration de votre coefficient, même s’ils donnent lieu à indemnisation par votre assurance auto. Pourquoi ? Parce qu’ils ne reflètent pas toujours directement votre comportement au volant : un pare-brise fissuré sur l’autoroute ou une rayure sur un parking peuvent survenir sans faute de votre part.

Dans le détail, chaque contrat peut prévoir des modalités légèrement différentes. Certains assureurs appliquent par exemple un malus en cas de sinistres répétitifs en parking, d’autres se contentent d’ajuster la prime de base ou d’augmenter la franchise. D’où l’intérêt de lire attentivement vos conditions générales et de poser la question à votre conseiller avant de déclarer un « petit » sinistre. Comme pour une franchise, vous devez arbitrer entre la prise en charge immédiate du dommage et la préservation de votre bonus-malus sur le long terme.

Les règles de dégressivité du malus et retour au coefficient neutre

Un malus n’est jamais définitif. Même après plusieurs sinistres responsables, le système de bonus-malus vous permet progressivement de revenir à une situation plus favorable, à condition de ne plus causer de nouveaux accidents. Autrement dit, le compteur ne repart pas complètement à zéro, mais votre historique de conduite récente prend progressivement le dessus sur les anciens sinistres. Comment se fait cette « remontée » vers le coefficient neutre de 1,00 ?

Là encore, la dégressivité du malus obéit à des règles bien précises, communes à l’ensemble des assureurs. C’est une forme de seconde chance : si vous adoptez une conduite plus prudente après une période accidentogène, votre CRM commence à baisser à nouveau, jusqu’à potentiellement retrouver un niveau normal. Voyons concrètement comment fonctionne ce mécanisme de réduction automatique.

La réduction automatique du malus de 5% chaque année sans sinistre

Une fois que vous êtes en situation de malus, la règle de réduction reste exactement la même que pour un assuré en situation de bonus : chaque année sans sinistre responsable, votre coefficient est multiplié par 0,95. Que vous soyez à 1,20, 1,80 ou 3,50, la dégressivité est identique. Cela signifie que, même en cas de malus important, vous bénéficiez automatiquement d’une baisse de votre coefficient dès lors que vous ne causez plus d’accident responsable.

Par exemple, si votre CRM est de 1,50 après un sinistre, il passera à 1,50 × 0,95 = 1,42 l’année suivante, puis à 1,35 environ l’année d’après, et ainsi de suite. On peut comparer ce mécanisme à une pente douce qui vous ramène progressivement vers la plaine après avoir gravi une montagne de malus. Bien sûr, un nouveau sinistre responsable interrompt cette descente et relance une phase de majoration, d’où l’intérêt de redoubler de prudence après un accident.

Le délai de deux ans sans accident pour retrouver un CRM de 1,00

Dans certains cas, une règle spécifique prévue par le Code des assurances vous permet de retrouver un coefficient de 1,00 après seulement deux années complètes sans sinistre responsable. Cette disposition est particulièrement intéressante si vous avez accumulé un malus significatif. Concrètement, si pendant deux ans consécutifs vous ne causez aucun accident, votre assureur ramène votre CRM à 1,00 à l’échéance du contrat.

Cette règle joue un peu le rôle d’une remise à niveau, comme si l’on effaçait un dossier disciplinaire après une longue période irréprochable. Elle ne s’applique cependant que dans certaines configurations, notamment lorsque votre coefficient avait fortement augmenté à la suite d’accidents répétés. C’est pourquoi il est important de discuter avec votre assureur de votre situation précise : selon votre historique de sinistres et la date de survenue des accidents, le calendrier de retour au coefficient neutre peut varier.

L’effacement des antécédents après deux années complètes d’assurance

Au-delà de la mécanique pure du CRM, il existe aussi un principe d’effacement partiel des antécédents. Après deux années complètes d’assurance sans sinistre responsable, les anciens accidents pèsent beaucoup moins dans l’appréciation globale de votre profil de risque par les assureurs. Concrètement, si vous changez de compagnie après cette période, votre relevé d’information ne mettra plus en avant que les sinistres les plus récents, ce qui facilite une renégociation de vos conditions tarifaires.

On peut comparer cela à un casier qui se « vide » progressivement : plus le temps passe sans nouvelle infraction, moins les anciennes fautes impactent votre situation actuelle. Attention toutefois, cela ne signifie pas que tout est totalement oublié. Certains assureurs peuvent conserver une vision plus longue de votre historique, surtout si les sinistres passés étaient nombreux ou graves. L’essentiel pour vous est de profiter de cette période de deux ans sans accident pour retrouver un CRM plus favorable et, si besoin, de comparer les offres du marché pour optimiser votre assurance auto.

Situations particulières : conduite accompagnée, véhicule de société et changement d’assureur

Toutes les situations de conduite ne sont pas traitées de la même manière par le système de bonus-malus. Selon que vous ayez suivi une formation en conduite accompagnée, que vous utilisiez un véhicule de société ou que vous changiez régulièrement de compagnie d’assurance, l’évolution de votre coefficient peut différer. Ces cas particuliers sont souvent sources de questions : comment est calculé le bonus d’un jeune conducteur ? Que devient votre CRM si vous passez à une voiture de fonction ?

Pour bien optimiser votre bonus-malus, il est donc important de connaître les règles spécifiques qui s’appliquent à ces situations. Elles peuvent en effet vous permettre de démarrer avec un meilleur coefficient, de conserver vos droits acquis ou encore de négocier plus efficacement avec votre nouvel assureur. Passons en revue les principaux cas que vous pouvez rencontrer au cours de votre « carrière » d’automobiliste.

Le bonus initial de 0,50 après un apprentissage anticipé de la conduite

La conduite accompagnée, ou apprentissage anticipé de la conduite, offre un avantage significatif en matière de bonus-malus au moment de souscrire votre première assurance auto. En effet, même si le coefficient de départ reste théoriquement fixé à 1,00 pour tous les nouveaux assurés, de nombreux assureurs accordent aux jeunes conducteurs issus de la conduite accompagnée une remise importante sur la prime de base et une plus faible surprime « jeune conducteur ». Dans certains cas, ils peuvent même assimiler ces années de conduite supervisée à des années sans sinistre, ce qui permet de démarrer avec un CRM plus avantageux.

Il est fréquent de voir des offres commerciales annonçant un « bonus initial » après conduite accompagnée, ou une surprime réduite de moitié par rapport à un jeune conducteur classique. Pourquoi cette différence ? Parce que les statistiques montrent que les titulaires d’un permis obtenu via la conduite accompagnée ont, en moyenne, moins d’accidents les premières années. Pour vous, c’est une opportunité à saisir pour démarrer votre historique d’assurance auto sur de bonnes bases et limiter le coût de votre prime dès les premières années de permis.

Le transfert du coefficient lors d’un changement de compagnie d’assurance

Vous envisagez de changer d’assureur pour profiter d’un meilleur tarif ou de garanties plus adaptées ? Rassurez-vous : votre coefficient bonus-malus vous suit d’une compagnie à l’autre. Le CRM est en effet un élément légal, commun à tout le marché, et non une simple donnée interne à un assureur. Lors de la souscription de votre nouveau contrat, vous devrez fournir votre relevé d’information, document qui récapitule vos sinistres des cinq dernières années ainsi que votre coefficient actuel.

Le nouvel assureur applique alors ce CRM à sa propre prime de référence. En revanche, si vous bénéficiiez chez votre ancien assureur d’un avantage de type « bonus à vie » ou « protection du bonus », rien n’oblige le nouveau à le reconduire. C’est un peu comme changer de banque : votre historique de bon payeur vous suit, mais pas forcément les avantages commerciaux spécifiques. Pensez donc à bien comparer non seulement les prix, mais aussi les conditions liées au bonus-malus avant de résilier votre ancien contrat.

La conservation du bonus-malus en cas de passage à un véhicule de fonction

De plus en plus de salariés disposent d’un véhicule de fonction ou d’une voiture de société pour leurs déplacements professionnels, voire personnels. Dans ce cas, que devient votre bonus-malus si vous n’assurez plus de voiture en votre nom propre pendant plusieurs années ? Sur le principe, votre CRM reste acquis et n’est pas censé disparaître avec le temps. La loi ne prévoit aucun délai de « péremption » du coefficient bonus-malus.

En pratique, cependant, certains assureurs peuvent se montrer plus réticents à reprendre un ancien bonus si vous n’avez pas été assuré à votre nom depuis plusieurs années. Ils peuvent, par exemple, exiger des justificatifs attestant de votre conduite (attestation de l’employeur, relevé des sinistres sur le véhicule de fonction, etc.) ou appliquer une surprime temporaire. Pour préserver votre bonus familial, il peut être judicieux, lorsque c’est possible, de rester désigné comme conducteur secondaire sur un véhicule du foyer : vous continuez ainsi à faire « vivre » votre coefficient, ce qui facilitera un éventuel retour à un contrat à votre nom.

Stratégies concrètes pour optimiser son coefficient de réduction-majoration

Au-delà des règles de calcul du bonus-malus, que pouvez-vous faire concrètement pour améliorer votre coefficient et réduire le coût de votre assurance auto ? Bien sûr, la première stratégie reste évidente : adopter une conduite prudente et respectueuse du Code de la route pour éviter les sinistres responsables. Mais d’autres leviers existent, parfois méconnus, pour piloter au mieux l’impact de votre comportement de conduite sur votre budget d’assurance.

Certains dispositifs technologiques, options contractuelles ou choix d’organisation familiale peuvent ainsi vous aider à préserver ou à optimiser votre CRM. L’objectif n’est pas de contourner le système, mais de l’utiliser intelligemment, un peu comme on optimiserait sa fiscalité dans le respect des règles. Passons en revue quelques stratégies pratiques facilement actionnables.

L’installation de dispositifs télématiques et leur impact sur les primes

Les dispositifs télématiques, aussi appelés « boîtiers connectés » ou offres pay how you drive, se sont largement développés ces dernières années. Concrètement, il s’agit d’un boîtier installé dans votre véhicule ou d’une application mobile qui enregistre vos comportements de conduite : vitesse, freinages brusques, horaires de circulation, etc. En échange de ces données, certains assureurs vous proposent une réduction de prime pouvant aller jusqu’à 30 % pour les conducteurs les plus prudents.

Ces offres n’ont pas d’effet direct sur la formule de calcul du CRM, qui reste encadrée par la loi, mais elles viennent en quelque sorte « compenser » un bonus-malus peu favorable. Si vous disposez d’un malus ou d’un bonus limité, la télématique peut vous permettre de prouver à l’assureur que votre comportement réel au volant est sûr, et donc d’obtenir un tarif plus avantageux malgré un coefficient élevé. En ce sens, c’est un outil intéressant pour reprendre la main sur votre budget d’assurance, surtout si vous êtes confiant dans votre qualité de conduite.

Le stage de récupération de points et son influence sur le coefficient

Nombre de conducteurs confondent encore perte de points sur le permis et malus d’assurance. En réalité, le stage de récupération de points n’a aucun effet direct sur votre coefficient bonus-malus : ce sont deux systèmes distincts. Toutefois, suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière peut avoir un impact positif indirect sur votre assurance auto. D’une part, parce qu’il vous permet d’éviter une suspension de permis en récupérant des points. D’autre part, parce que certaines compagnies valorisent cette démarche responsable.

En effet, quelques assureurs accordent des avantages commerciaux aux conducteurs qui suivent volontairement un stage, notamment après une infraction significative (excès de vitesse important, téléphone au volant, etc.). Cela peut se traduire par une remise ponctuelle, une limitation d’augmentation de la prime ou des conditions plus souples en cas de sinistre futur. Sur le long terme, ce type de démarche contribue à réduire le risque d’accidents responsables et donc, mécaniquement, à favoriser une meilleure évolution de votre bonus-malus.

L’option franchise majorée pour compenser un malus élevé

Si vous disposez déjà d’un malus important, vous pouvez jouer sur un autre levier contractuel pour maintenir une prime d’assurance auto acceptable : la franchise. En acceptant une franchise plus élevée, vous acceptez de prendre à votre charge une plus grande partie des dommages en cas de sinistre, en échange d’une baisse de votre cotisation annuelle. Pour un assureur, c’est un signal que vous partagez le risque financier, ce qui lui permet de modérer le tarif malgré un CRM défavorable.

Cette stratégie doit toutefois être maniée avec prudence. Une franchise trop élevée peut se révéler pénalisante en cas de sinistre important, surtout si vos finances personnelles sont limitées. Avant de choisir une option de franchise majorée pour compenser un malus élevé, demandez-vous : « Suis-je prêt à payer de ma poche plusieurs centaines, voire milliers d’euros en cas d’accident ? » Comme souvent en assurance, tout est question d’équilibre entre niveau de protection, coût immédiat et risque futur.

La clause de conduite exclusive pour préserver son bonus familial

Une autre option parfois proposée par les assureurs est la clause de conduite exclusive. Elle consiste à désigner un seul conducteur autorisé à prendre le volant du véhicule assuré, en échange d’un tarif plus avantageux. Pour une famille, cela peut être un moyen de préserver un bonus élevé en évitant que des conducteurs plus « à risque » (jeunes permis, conducteurs occasionnels, etc.) ne viennent impacter le CRM du contrat en cas d’accident responsable.

La contrepartie est évidente : si un autre conducteur que celui déclaré provoque un sinistre, l’assureur pourra appliquer une franchise très lourde, voire refuser certaines garanties. Cette option est donc particulièrement adaptée aux foyers où un seul adulte utilise réellement la voiture au quotidien. C’est un peu comme une « assurance sur mesure » : vous acceptez de limiter strictement l’usage du véhicule pour bénéficier de conditions tarifaires plus favorables et protéger votre bonus familial sur le long terme.

Le relevé d’informations : document clé pour justifier son historique de sinistralité

Tout au long de la vie de votre contrat d’assurance auto, un document joue un rôle central dans la gestion de votre bonus-malus : le relevé d’informations. Édité par votre assureur, il retrace votre historique de sinistres sur les cinq dernières années, ainsi que l’évolution de votre coefficient de réduction-majoration. C’est en quelque sorte la « carte d’identité » de votre profil d’assuré auto, que vous devez impérativement connaître et savoir utiliser.

À chaque changement d’assureur, ce relevé est demandé pour permettre à la nouvelle compagnie de reprendre correctement votre CRM et d’appliquer le bonus ou le malus correspondant. Vous pouvez le solliciter à tout moment, par courrier, téléphone ou depuis votre espace client en ligne, et votre assureur est tenu de vous le transmettre sous 15 jours. N’hésitez pas à le vérifier attentivement : en cas d’erreur sur un sinistre ou sur le coefficient indiqué, c’est votre prime qui serait directement impactée.

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