Le paysage français de la conduite motocyclette s’articule autour d’un système de permis progressif, conçu pour accompagner les conducteurs dans leur apprentissage de la mobilité deux-roues. Depuis la réforme de 2013, quatre catégories distinctes encadrent l’accès aux différents types de véhicules motorisés, des cyclomoteurs de 50 cm³ aux motos de forte puissance. Cette approche graduée permet aux futurs motards d’acquérir progressivement l’expérience nécessaire pour évoluer vers des machines plus puissantes, tout en garantissant un niveau de sécurité optimal sur nos routes. Comprendre les spécificités de chaque catégorie s’avère essentiel pour choisir la formation adaptée à ses besoins et à ses projets de mobilité.
Catégorie AM : cyclomoteurs et quadricycles légers jusqu’à 50 cm³
La catégorie AM, héritière du célèbre BSR (Brevet de Sécurité Routière), représente la porte d’entrée vers la mobilité motorisée pour les plus jeunes. Cette formation de base permet l’accès aux véhicules de faible cylindrée, offrant une première approche de la conduite en toute sécurité. L’objectif principal consiste à sensibiliser les jeunes conducteurs aux règles de circulation et aux comportements responsables sur la voie publique.
Âge minimum et conditions d’obtention du BSR AM
L’obtention de la catégorie AM nécessite d’avoir atteint l’âge de 14 ans révolus, faisant de cette formation l’une des plus précoces du système français. Les candidats mineurs doivent impérativement obtenir l’autorisation parentale pour s’inscrire à la formation. La possession de l’ASSR 1, ASSR 2 ou ASR constitue un prérequis obligatoire, garantissant que les futurs conducteurs maîtrisent les bases théoriques de la sécurité routière. Cette exigence témoigne de la volonté des autorités de préparer soigneusement l’entrée des jeunes dans le monde de la conduite motorisée.
Véhicules autorisés : peugeot speedfight, yamaha aerox et quadricycles aixam
Les titulaires du permis AM peuvent conduire une gamme variée de véhicules adaptés aux déplacements urbains et périurbains. Les scooters populaires comme le Peugeot Speedfight 4 ou le Yamaha Aerox font partie des choix privilégiés par les jeunes conducteurs, offrant un parfait équilibre entre facilité de conduite et style moderne. Les quadricycles légers, représentés par des marques comme Aixam ou Ligier, constituent une alternative intéressante pour ceux qui préfèrent la protection d’un habitacle fermé. La vitesse de ces véhicules demeure limitée à 45 km/h, une restriction pensée pour préserver la sécurité des conducteurs novices.
Formation théorique ETM et épreuves pratiques hors circulation
La formation AM s’étend sur 8 heures minimum, réparties sur deux demi-journées pour optimiser l’assimilation des connaissances. Le programme débute par des échanges sur les représentations de la conduite, permettant aux formateurs d’identifier les préjugés et les attentes de chaque élève. La phase pratique hors circulation occupe une place centrale, avec l’apprentissage des commandes, des techniques de pilotage et des manœuvres de base. La sensibilisation aux risques constitue un élément clé, notamment
sur la perception des autres usagers, les angles morts ou encore les distances de freinage, souvent sous-estimées à cet âge. Enfin, une dernière séquence en circulation réelle permet de mettre en pratique ces acquis sur routes ouvertes, sous le contrôle permanent du formateur. À l’issue de la formation, aucune épreuve d’examen n’est organisée : c’est l’enseignant qui évalue la capacité du candidat à circuler seul en sécurité avant de délivrer l’attestation.
Durée de validité et restrictions de circulation du permis AM
Comme l’ensemble des nouveaux titres de conduite au format « carte bancaire », le permis AM est valable 15 ans administrativement. Cette durée correspond à la période au terme de laquelle il faudra simplement renouveler le document, sans repasser d’examen ni refaire de formation. La catégorie elle-même reste valable à vie, sauf décision médicale ou judiciaire contraire. Le permis AM est reconnu dans toute l’Union européenne, ce qui permet à un jeune conducteur de circuler à l’étranger, sous réserve de respecter la réglementation locale.
En revanche, les véhicules accessibles avec la catégorie AM sont soumis à plusieurs restrictions de circulation. La vitesse est strictement limitée à 45 km/h, que ce soit pour un scooter 50 cm³ ou pour une voiturette. Il est interdit de débrider le moteur pour augmenter les performances, sous peine de fortes sanctions (amende, immobilisation du véhicule, complications avec l’assurance en cas d’accident). Par ailleurs, certains axes rapides ou voies express sont interdits aux cyclomoteurs, même si la signalisation l’indique parfois de manière peu explicite : il est donc indispensable de bien connaître le code de la route avant de se lancer.
Permis A1 : motocyclettes légères de 125 cm³ et tricycles motorisés
Le permis A1 constitue la première vraie marche vers l’univers de la moto. Il s’adresse aux conducteurs souhaitant dépasser le simple usage urbain d’un 50 cm³ pour accéder à une motocyclette légère plus polyvalente. Accessible dès 16 ans, il permet de rouler en 125 cm³, mais aussi de prendre le guidon de certains tricycles motorisés. Pour beaucoup, c’est un excellent compromis entre apprentissage de la maîtrise d’une « vraie moto » et coûts d’assurance encore mesurés.
Puissance maximale de 11 kw et rapport poids/puissance de 0,1 kw/kg
La catégorie A1 n’est pas définie uniquement par la cylindrée maximale de 125 cm³. Pour être éligible au permis A1, une moto doit également respecter une puissance maximale de 11 kW (soit 15 ch) et un rapport puissance/poids inférieur ou égal à 0,1 kW/kg. En pratique, cela exclut les modèles trop légers et trop puissants, susceptibles de devenir difficiles à maîtriser pour un jeune conducteur. Ce couple cylindrée/puissance/poids permet de garantir un comportement prévisible et progressif, idéal pour l’apprentissage.
Le permis A1 autorise également la conduite de tricycles à moteur (type scooters 3-roues) développant jusqu’à 15 kW. Ces véhicules, souvent utilisés pour des trajets pendulaires, offrent une meilleure stabilité à basse vitesse et sur chaussée dégradée. Ils restent néanmoins soumis aux mêmes règles de prudence que les deux-roues : distance de sécurité, anticipation, positionnement dans la voie. Avant de choisir un modèle, il est donc important de vérifier la fiche technique pour s’assurer qu’il respecte bien les limites du permis A1.
Formation pratique sur honda CB 125R et yamaha MT-125
La formation au permis A1 repose sur un minimum de 20 heures de conduite, réparties entre plateau et circulation. Beaucoup d’auto-écoles utilisent des modèles de référence comme la Honda CB 125R ou la Yamaha MT-125. Ces motos, réputées pour leur douceur de commande, leur ergonomie et leur poids contenu, sont particulièrement adaptées aux débutants. Elles proposent une position de conduite droite, un guidon large et un freinage efficace, autant d’éléments qui facilitent la prise en main.
Vous vous demandez quel est l’intérêt d’apprendre sur ce type de machine plutôt qu’en scooter ? Apprendre sur moto « à vitesses » permet de se familiariser avec l’embrayage, le passage des rapports et le dosage du frein moteur, des compétences indispensables si vous envisagez un jour de passer au permis A2. À l’inverse, si votre projet de mobilité se limite à un usage purement urbain, vous pouvez discuter avec votre moniteur de la possibilité de suivre la formation A1 sur un scooter 125 cm³, lorsque l’auto-école le propose.
Épreuve plateau : manœuvres lentes, parcours sans moteur et évitement
L’épreuve plateau du permis A1 se déroule hors circulation et dure environ 10 minutes. Elle a pour objectif de vérifier votre capacité à maîtriser la moto sans stress excessif, y compris dans des situations inhabituelles. Vous devrez réaliser plusieurs manœuvres à allure réduite, comme des slaloms serrés, des demi-tours et des arrêts de précision, parfois avec un passager simulé. Une des séquences se fait moto éteinte, pour tester votre équilibre et votre gestion du poids lors des déplacements à la main.
La partie à allure plus élevée inclut généralement un exercice d’évitement et un freinage d’urgence. Ces manœuvres reproduisent des situations de la vie réelle, par exemple l’apparition soudaine d’un obstacle ou la nécessité de s’arrêter rapidement à un passage piéton. L’examinateur évalue non seulement le respect du parcours, mais aussi votre regard, votre aisance et votre capacité à rester maître de la machine. Comme pour une chorégraphie, tout repose sur la répétition et l’anticipation : plus vous aurez pratiqué, plus les gestes deviendront naturels.
Circulation en agglomération et hors agglomération lors de l’examen
L’épreuve de circulation du permis A1 dure environ 40 minutes et se déroule sur un itinéraire mixte, mêlant agglomération, zones périurbaines et parfois routes limitées à 80 ou 90 km/h. L’inspecteur, installé dans un véhicule suiveur, est en liaison radio avec vous pour donner les consignes. Il observe votre positionnement sur la chaussée, votre gestion de la vitesse, votre capacité à adapter votre conduite aux autres usagers et à la signalisation. Les dépassements, insertions sur voie rapide, franchissements d’intersections et changements de direction font partie des situations évaluées.
Pour réussir, l’enjeu n’est pas de « montrer que l’on sait rouler vite », mais de prouver que l’on sait rouler juste. Respect des limitations, clignotants systématiquement utilisés, contrôle des rétroviseurs, gestion des distances de sécurité : autant de réflexes que les formateurs travaillent tout au long de la formation. On peut comparer cette épreuve à une sorte d’entretien d’embauche : l’inspecteur ne cherche pas un pilote de compétition, mais un conducteur fiable, prévisible et respectueux des autres.
Équivalence avec la formation 125 cm³ pour titulaires du permis B
Si vous possédez déjà le permis B depuis au moins 2 ans, vous pouvez accéder à la conduite d’une 125 cm³ sans passer l’examen complet du permis A1. Il vous suffit de suivre une formation complémentaire de 7 heures en auto-école, qui donne l’équivalence administrative de la catégorie A1. Cette formation se décompose en 3 parties : un module théorique sur la spécificité du deux-roues motorisé, une séquence de maniabilité hors circulation et une phase de conduite sur route. À l’issue de ces 7 heures, l’école de conduite vous remet une attestation à conserver avec votre permis B.
Cette solution séduit de nombreux automobilistes désireux de désengorger leurs trajets quotidiens ou de réduire leur budget carburant. Toutefois, elle ne doit pas être perçue comme un « raccourci » : la conduite d’une moto 125 cm³ reste très exposée aux risques d’accident, notamment en milieu urbain dense. Vous hésitez entre cette équivalence et un véritable permis A1 avec examen ? Posez-vous la question de vos projets à moyen terme : si vous envisagez de poursuivre ensuite vers un permis A2, il peut être plus pertinent d’entrer directement dans le cursus complet.
Catégorie A2 : motocyclettes de puissance intermédiaire jusqu’à 35 kw
Le permis A2 est aujourd’hui la clé d’entrée incontournable vers l’univers des motos de moyenne cylindrée. Accessible dès 18 ans, il ouvre la porte à des machines plus puissantes et plus lourdes, capables d’affronter l’autoroute comme les longues distances. C’est également l’étape obligatoire avant d’obtenir, deux ans plus tard, le permis A. L’enjeu de cette catégorie est clair : permettre une montée en puissance progressive, sans exposer trop tôt les conducteurs à des motos surdimensionnées par rapport à leur expérience.
Bridage constructeur et homologation des motos éligibles A2
Pour être conduites avec un permis A2, les motos doivent respecter plusieurs critères techniques précis. La puissance maximale ne doit pas dépasser 35 kW (47,5 ch) et le rapport puissance/poids doit rester inférieur ou égal à 0,2 kW/kg. De plus, si la moto est issue d’un modèle plus puissant, celui-ci ne doit pas développer plus de 70 kW en version libre. Cela exclut notamment les gros « sportifs » simplement bridés, jugés trop radicaux pour les conducteurs A2, même avec une puissance réduite.
Le bridage doit être réalisé conformément à une homologation constructeur ou importateur, souvent via un kit spécifique (boîtier électronique, bride mécanique, etc.). L’opération est généralement effectuée par un concessionnaire, qui délivre une attestation de bridage et met à jour la carte grise en conséquence. Vous envisagez d’acheter une moto d’occasion pour votre permis A2 ? Vérifiez systématiquement que le bridage est bien mentionné sur le certificat d’immatriculation et que la machine figure sur la liste des modèles compatibles A2. Cela vous évitera de mauvaises surprises lors d’un contrôle ou au moment de l’assurance.
Véhicules d’examen : kawasaki ER-6N, honda CB 650F et BMW G 310 GS
En auto-école, les véhicules utilisés pour la formation et l’examen A2 appartiennent le plus souvent à la catégorie des roadsters ou trails de moyenne cylindrée. La Kawasaki ER-6N (aujourd’hui remplacée par la Z650), la Honda CB 650F ou encore des modèles plus accessibles comme la BMW G 310 GS sont fréquemment choisis. Ces motos offrent un bon compromis entre maniabilité, confort de conduite et puissance suffisante pour illustrer les contraintes d’un deux-roues de plus de 150 kg.
Apprendre sur ce type de machine dès le permis A2 permet de se confronter à des situations très proches de celles que vous rencontrerez au quotidien : freinage puissant, inertie à basse vitesse, gestion du couple moteur à la réaccélération. C’est un peu comme apprendre à piloter un avion école avant de passer sur un appareil de ligne : la philosophie reste la même, mais les sensations et les marges d’erreur changent. Là encore, la formation prévoit un minimum de 20 heures (ou 15 heures si vous avez déjà le permis A1), réparties entre plateau et circulation.
Passerelle automatique vers le permis A après 2 ans d’ancienneté
Contrairement à certaines idées reçues, le passage du permis A2 au permis A n’est pas automatique au simple écoulement du temps. Deux conditions sont indispensables : avoir détenu le permis A2 pendant au moins 2 ans et suivre une formation complémentaire de 7 heures dans une moto-école agréée. Aucun examen devant inspecteur n’est cependant requis pour cette « passerelle » vers le permis A, ce qui en fait une démarche plus légère que le passage d’un nouveau permis complet.
Cette période de deux ans est essentielle pour construire une expérience solide en conditions variées : trajets quotidiens, circulation dense, sorties sur route de montagne, voyages à deux, conduite par mauvais temps, etc. Plus vous diversifierez vos usages pendant cette phase A2, plus vous serez à l’aise le jour où vous prendrez en main une moto sans limitation de puissance. En somme, le permis A2 est une phase d’apprentissage avancée, dont la richesse dépendra directement de l’usage que vous ferez de votre machine au quotidien.
Formation complémentaire de 7 heures pour accès au permis A
La formation de 7 heures pour accéder au permis A se déroule généralement sur une journée ou deux demi-journées. Elle se compose d’un module théorique de 2 heures, axé sur l’analyse des risques propres aux grosses cylindrées (accélérations très rapides, freinage puissant, gestion du couple, fatigue sur longs trajets, etc.), puis de 2 heures de travail sur plateau et de 3 heures en circulation. L’objectif n’est pas de « refaire » le permis A2, mais d’affiner les réflexes et la compréhension des spécificités d’une moto non bridée.
Sur plateau, vous travaillez la maniabilité à basse vitesse et les manœuvres d’urgence avec une moto de catégorie A, souvent plus lourde et plus vive que votre machine A2. En circulation, l’accent est mis sur la gestion de la puissance, la maîtrise des dépassements et l’anticipation des comportements des autres usagers. Vous êtes évalué en continu par votre formateur, qui validera ou non votre aptitude à accéder au permis A. Cette étape peut être vue comme un « permis de confiance » : on vous confie un outil plus performant, à condition que vous ayez démontré votre maturité de conduite.
Permis A : motocyclettes sans limitation de puissance et tricycles lourds
Le permis A représente l’aboutissement du parcours de formation moto. Il autorise la conduite de tous les types de motocyclettes, sans limitation de cylindrée ni de puissance, ainsi que des tricycles de plus de 15 kW à partir de 21 ans. Avec ce titre, vous pouvez aussi bien choisir une routière de grand tourisme qu’une sportive de 1000 cm³, un custom imposant ou un trail d’aventure chargé pour le voyage. C’est le permis des « gros cubes », mais aussi celui qui exige le plus de responsabilité de la part du conducteur.
Pour accéder à cette catégorie, il faut impérativement justifier de 2 ans de permis A2 et avoir validé la formation de 7 heures mentionnée plus haut. Aucune passerelle directe n’existe plus depuis la réforme, même pour les conducteurs plus âgés. L’idée centrale reste l’accès progressif à la puissance : on ne passe plus d’un coup d’un 50 cm³ à une 1000 cm³. Une fois le permis A obtenu et la nouvelle catégorie ajoutée sur votre titre de conduite, vous êtes libre de choisir la moto qui correspond le mieux à votre usage, à condition de rester raisonnable dans la montée en gamme.
Sur le plan technique, la plupart des motos modernes de catégorie A sont équipées d’ABS, de modes de conduite, voire d’aides électroniques avancées (contrôle de traction, anti-wheeling, suspensions pilotées). Ces assistances ne doivent toutefois pas faire oublier les fondamentaux : regard loin, trajectoires propres, freinage progressif, adaptation permanente aux conditions de circulation. Pour un motard fraîchement passé en permis A, il peut être judicieux de rester dans une plage de puissance raisonnable les premières années, avant d’envisager des modèles très sportifs ou surpuissants.
Procédures d’examen et organismes agréés pour l’obtention des permis moto
Derrière chaque permis moto se cache une organisation bien rodée, qui associe auto-écoles, services de l’État et centres d’examen. Comprendre ces procédures permet de mieux anticiper les délais, les coûts et les démarches administratives. Que vous passiez votre permis AM, A1, A2 ou que vous suiviez la formation A, les grandes étapes restent similaires : inscription en ligne, formation en école de conduite, réservation de créneau d’examen, puis délivrance du titre par l’ANTS.
Rôle des auto-écoles et moniteurs certifiés BEPECASER mention deux-roues
Les auto-moto-écoles sont les acteurs centraux de la formation. Elles ont l’obligation d’employer des enseignants titulaires d’un diplôme spécifique, historiquement le BEPECASER mention deux-roues, aujourd’hui remplacé par le Titre Professionnel ECSR avec mention complémentaire motocyclette. Ces moniteurs sont formés à la pédagogie, à la réglementation et aux techniques de conduite avancées. Ils assurent à la fois la partie pratique (plateau et circulation) et une grande partie de la préparation théorique.
Lors de votre inscription, l’école de conduite doit vous proposer un contrat détaillant le programme de formation, le nombre d’heures prévues, les modalités de suivi (livret d’apprentissage numérique) et bien sûr les tarifs. Elle se charge en général des démarches administratives auprès de l’ANTS pour obtenir votre numéro NEPH et vous inscrire aux épreuves. Vous hésitez entre plusieurs établissements ? N’hésitez pas à comparer le sérieux de l’accueil, la clarté des explications et l’état du parc motos : ces éléments sont souvent de bons indicateurs de la qualité de l’accompagnement que vous recevrez.
Centres d’examen départementaux et inspecteurs du permis de conduire
Les épreuves pratiques des permis moto se déroulent dans des centres d’examen départementaux, sur des pistes et itinéraires homologués par les services de l’État. Les inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) sont des fonctionnaires formés spécifiquement à l’évaluation des candidats. Leur rôle est de vérifier que vous atteignez le niveau minimal de compétence et de sécurité exigé, quel que soit le type de permis présenté.
Sur place, l’examen suit un protocole strict : vérification de l’identité, contrôle de l’équipement obligatoire (casque homologué, gants, blouson à manches longues, pantalon, chaussures montantes), puis déroulement des épreuves hors circulation et en circulation. Les inspecteurs utilisent une grille de notation nationale, garantissant une homogénéité de l’évaluation sur tout le territoire. Vous avez peur de « tomber » sur un inspecteur sévère ? Gardez à l’esprit que leur objectif n’est pas de piéger les candidats, mais de s’assurer que seules les personnes suffisamment préparées obtiennent le droit de circuler seules en moto.
Système CANDILIB et réservation des créneaux d’examen en ligne
Pour optimiser la gestion des places d’examen, l’administration a progressivement déployé des plateformes de réservation en ligne, telles que CANDILIB ou RdvPermis selon les départements. Dans la plupart des cas, c’est votre auto-école qui réserve pour vous une date d’examen pratique, en fonction de votre progression et des créneaux disponibles. Vous pouvez ensuite suivre l’avancement de la démarche et les rendez-vous fixés via votre espace candidat en ligne.
Ce système permet de mieux répartir les places entre établissements et d’éviter les situations de blocage où certains candidats attendent plusieurs mois une date de passage. Toutefois, les délais restent variables selon les régions et la période de l’année. Si vous avez des contraintes de temps (emploi saisonnier, déménagement, projet professionnel), il est donc préférable d’anticiper et de discuter très tôt avec votre formateur du calendrier le plus réaliste pour passer votre permis moto.
Réglementation européenne et reconnaissance internationale des catégories
Les permis AM, A1, A2 et A s’inscrivent dans un cadre réglementaire largement harmonisé au niveau européen. La directive 2006/126/CE définit les grandes lignes de ces catégories, leurs âges d’accès minimaux et leurs caractéristiques techniques (puissance, cylindrée, rapport poids/puissance). C’est ce qui permet à un titulaire d’un permis moto français de circuler dans les autres pays de l’Union européenne sans démarche particulière, dès lors que son titre est en cours de validité et que les restrictions propres au pays visité sont respectées.
En pratique, cela signifie que votre permis A2 sera reconnu en Espagne, en Italie ou en Allemagne, avec les mêmes limitations de puissance que celles applicables en France. Certains États peuvent toutefois appliquer des règles spécifiques, par exemple sur l’accès aux autoroutes ou aux voies rapides pour les motos de faible cylindrée. Hors UE, la reconnaissance dépend des accords bilatéraux et de la législation locale : un permis international peut parfois être exigé en complément de votre permis national. Avant d’envisager un road trip à moto à l’étranger, il est donc prudent de se renseigner sur les conditions de validité de votre catégorie de permis dans chaque pays traversé.
Cette harmonisation européenne a également un impact sur les constructeurs, qui conçoivent désormais leurs gammes de motos en tenant compte des catégories A1, A2 et A. De nombreux modèles sont ainsi proposés en version spécifique 35 kW ou 11 kW, afin de répondre aux besoins des conducteurs titulaires d’un permis moto progressif. Pour vous, futur motard, c’est une bonne nouvelle : l’offre de machines compatibles avec chaque catégorie de permis n’a jamais été aussi large, ce qui vous permet de choisir un deux-roues réellement adapté à votre niveau d’expérience et à vos projets de conduite.